Le blues et ses multiples formes est pour moi l’une des progressions harmoniques qui permet de développer un discours improvisé des plus riches et des plus évolués. Quand on improvise sur le blues, il n’y a pas de fausses notes. Toutes les notes (les 12 demi-tons) peuvent être employés sans restriction si ce n’est que au final, il faut que ça « sonne blues ».

Est-ce du dodécaphonisme ? Non, la comparaison s’arrête là car ces deux formes musicales n’ont pas la même culture. Au cours des 150 dernières années, les musiciens de blues ont forgé un style inimitable, d’une infinie variété, aux multiples sonorités, avec des sous-genres. Le dodécaphonisme procède lui d’une autre culture et d’une conception très éloignée du blues.

Succinctement :
La principale caractéristique est l’emploi de blues notes.   Ces blues notes peuvent être considérées comme des notes ajoutées à la gamme majeure. Ces notes sont la tierce, la quinte, et la 7eme majeure, abaissées d’un demi-ton. En conséquence de quoi on obtient un mode formé de 10 notes mais si l’on considère que les 3 accords dominants de base I7 – IV7 – V7 acceptent une 9ème bémol, alors on obtient bien un mode de douze demi-ton que l’on peut utiliser pour improviser.

On entend là que l’improvisateur peut « jongler » avec les douze demi-tons, surtout quand le tempo est rapide. Il faut cependant dire qu’un blues avec seulement 3 accords et improvisé avec un mode pentatonique peut être aussi intéressant musicalement qu’un blues harmoniquement sophistiqué.

L’origine de la note bleue se trouve dans le système musical pentatonique africain, confronté au diatonisme occidental. La confrontation des noirs américains avec le système tonal européen et ses sept degrés a engendré l’adaptation du troisième et du septième degré (absents de leur gamme) en les infléchissant d’un demi-ton soit vers le mode mineur, soit vers le mode majeur. D’où l’ambiguïté du climat harmonique et affectif de cette musique, dans laquelle coexistent les tonalités majeure et mineure, de joie et de tristesse.

Source : Wikipedia

Le blues en 3 sons

La première vidéo expose un accompagnement blues jazz en 3 sons plutôt évolué. L’ensemble des douze mesures est une ré-harmonisation utilisant principalement l’approche chromatique des accords de base par un demi ton au dessus ou en dessous, c’est la conséquence de l’apport de la culture bebop.

L’arrangement en 3 sons pour guitare est inspiré d’un arrangement pour 3 cuivres. Ceci dit il y a mille et une façon d’accompagner un blues, tout dépend du style envisagé et de la formation instrumentale de l’orchestre.
Pour exemple, le guitariste peut accompagner de la façon la plus sobre rien qu’avec deux notes verticales pour chacun des 3 accords de base, ces deux notes étant espacées d’un intervalle de 3 tons, le fameux triton. Pour un blues en Do, les 3 tritons sont à un demi ton l’un de l’autre soit pour C7 E/Bb, pour F7 Eb/A et G7 F/B

Dans le volume 4 consacré au blues, vous trouverez une quinzaine de grille de blues mettant en scène les multiples possibilités de ré-harmonisation.

Extrait vidéo : Accompagnement en 3 sons

Partition : Accompagnement en 3 sons

Partition blues en 3 sons - Recueil d'une note à l'autre Volume 4

Berklee blues

La première partie de la deuxième vidéo, Berklee blues, expose la même phrase sur la progression harmonique, avec les cinq notes du mode F pentatonique mineur. La deuxième partie expose quelques clichés des sonorité blues – jazz.

Extrait vidéo : Berklee Blues

Partition : Quelques clichés de blues

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